COURS D'HISTOIRE DE L'ART

"L'ANIMAL QUE DONC JE SUIS" I SESSION 1 I 18h I EMA

Andre Le Grand dapres Charles Lebrun rmnAndré le Grand d'après Charles Lebrun, "Deux têtes de renard et trois têtes d'homme en relation avec le renard", 1806.© RMN. Grand Palais. René-Gabriel Ojéda

Ecole d'arts plastiques

Le 27/11/2018

Le temps des Lumières avait déconsidéré les non-humains, animaux et plantes, et niait leurs capacités cognitives. De telles pensées ne sont aujourd’hui plus tenables, à l’heure où toutes les formes d’existence, y compris les fleuves, font valoir leurs droits. Avec l’entrée dans l’ère de l’Anthropocène, une pleine conscience de l’interrelation entre les espèces invite à réévaluer la place de chacun. À l’instar de l’auteur Jean-Christophe Bailly ("Le Versant animal", Bayard, 2007), des artistes ont cherché à combattre les préjugés existants entre l’humain et l’animal, et à sortir ainsi de la suprématie humaine. "L’animal que donc je suis" est le titre d’une conférence prononcée par Jacques Derrida en 1997 et publiée à titre posthume en 2006 aux éditions Galilée.

Hybridations multiples


En 1671, le peintre Charles Le Brun s’appuie sur les études
de Gianbattista della Porta inventeur de la « physiognomonie »
une technique qui permet de reconnaître le caractère de la personne par son faciès - pour faire converger les traits humains avec ceux des animaux. Lors de ses conférences à l’Académie, il présente des dessins où l’animal est vu avec naturalisme, mais avec une « recherche d’expression [qui] lui donne comme un accent d’intelligence humaine ». Les hommes ont « les traits grossis et déformés… les nez et les bouches reprennent les formes… des museaux avec le maximum d’exactitude. [Pourtant…] tout est sérieux, tout est calculé et raisonné avec application » (J. Baltrušaitis, Aberrations. Essai sur la légende des formes, Paris, 1983, p. 26). La parenté entre les espèces se brouille davantage lors de récentes performances où Matthew Barney joue au faune, Marion Laval Jeantet se fait transfuser du sang de cheval ou de panda pour « vivre » l’expérience de l’espèce menacée ou encore Rebecca Horn qui se métamorphose en oiseaux ou licornes. Le film La Tanière (2009) d’Alain Della Negra et Kaori Kinoshita fait écho à ces communautés underground de « furies » qui ont fait le choix d’une existence alternative en s’identifiant sur les réseaux sociaux et dans leur quotidien à un animal totem, comme ce qui advient lors de rituels chamaniques.

Infos pratiques :

  • Lieu du cours :

    EMA  I Ecoles Municipales Artistiques I 71 rue Camille-Groult I 94400 I Vitry-sur-Seine


    Par Alexandra Fau, historienne de l’art et commissaire d’exposition
    Les mardis à 18h I Gratuit sur inscription
    Renseignements I stephanie.airaud@macval.fr
    Cours ouverts à tous et inscription recommandée pour la session entière
    reservation@macval.fr I 01 43 91 64 20
    Pensez à bien vérifier le lieu de chaque cours

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