Mobile Home

Aux EMA, une petite vitrine mobile, le Mobile Home. Y sont exposées des petites œuvres d’artistes contemporains.
Pour l'année 2017-2018, Emmanuel Régent, a choisi trois artistes : successivement, Gérard Gasiorowski, Yves Klein et Robert Filliou.

Gérard Gasiorowski 

Du mercredi 4 octobre au vendredi 22 décembre 2017

Œuvre exposée I Cours par correspondance. Prétendant n°10 : Dam Graham. Peinture acrylique sur papier 22 x 16 cm.

Gérard Gasiorowski (1930-1986) est un peintre, brillant, sérieux, sarcastique. Il pratique la peinture en mettant à vif toutes ses scories, jonglant entre virtuosité et mauvais goût. La peinture est un champ de guerre où il joue comme un enfant, inventant des stratagèmes et des pirouettes pour faire front aux avant-gardes artistiques (le terme emprunte assez clairement au vocabulaire militaire), à leurs idéalismes et croyances dans le progrès et l’invention. Mais quand il peint des fleurs (1971-82), on sent, comme chez Mondrian, qu’il aime sans réserve l’exercice. Il sait aussi s’enfouir dans la peinture, dans son archaïsme régressif et débordant (« la Guerre », série). Mais c’est encore en joueur qu’il invente l’Académie Worosis Kiga (anagramme de son nom). C’est dans cette école d’art (fictive) dont il est le directeur sous le nom d ‘Arne Hammer (« Marteau ») qu’il impose à ses élèves (imaginaires) de copier sans répit un même chapeau. Ce sont en tout 400 chapeaux qui seront réalisés « à la manière de » (les élèves évoquant les grands artistes de l’époque).

« Le chapeau est un leurre, une « couverture », seule existe la peinture et derrière elle, contre, dessus, écarté, l’individu qui l’exprime. Le peintre ou le sujet réel. » Gérard Gasiorowski.

Yves Klein

Du mercredi 10 janvier au mardi 17 avril 2018.

Œuvre exposée I Timbre monochrome bleu sur enveloppe + carton d’invitation de l’exposition « la spécialisation de la sensibilité à l’état première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958.

Yves Klein naît le 28 avril 1928 à Nice, de parents tous deux artistes. Son père, Fred Klein, est un peintre figuratif qui expose dès le début des années trente, et sa mère, Marie Raymond, peintre abstrait géométrique, est largement reconnue à partir de 1945. Cet environnement le familiarise très tôt avec le milieu artistique, mais Yves Klein s’oriente tout d’abord vers une autre carrière.

S’il peint spontanément depuis son adolescence, c’est en subordonnant la peinture à d’autres activités. Tout d’abord au judo auquel il s’initie en 1947, alors que cette pratique n’est pas encore réduite à un sport mais se veut une méthode d’éducation intellectuelle et morale visant à la maîtrise de soi. A l’occasion d’un de ses premiers cours, il rencontre Armand Fernandez, le futur Arman. En 1952, il part se perfectionner au Japon où il devient ceinture noire, quatrième dan, grade qu’aucun Français n’a atteint à cette époque. De retour en France, la Fédération Française de Judo lui refusant d’enseigner, il ouvre, en 1955, sa propre école qu’il décore de monochromes, mais qu’il est contraint, pour des raisons financières, de fermer l’année suivante.

Parallèlement au judo, Yves Klein découvre en 1947 la mystique des Rose-Croix. Les monochromes qu’il peint deviennent, pour lui, des objets de culte. Il lit régulièrement la Cosmogonie, texte fondateur de l’ordre de Max Heindel. Cet ouvrage enseigne la connaissance par l’imagination, considérée comme la plus puissante des facultés humaines. Aussi, lorsqu’en 1958, Klein lit L’Air et les Songes, du philosophe Gaston Bachelard, il y décèle un écho à sa propre pensée.

C’est à partir de 1955 que Klein présente ses travaux dans un cadre artistique : il expose au Club des solitaires de Paris des monochromes de différentes couleurs, sous le titre Yves, peintures. Il y rencontre le critique d’art Pierre Restany avec lequel il collaborera toute sa vie : sa carrière de peintre est lancée.

En 1957, il entame son "époque bleue", choix de couleur confirmé par son voyage à Assise où il découvre les ciels de Giotto. Il reconnaît en lui le véritable précurseur de la monochromie bleue qu’il pratique : uniforme et spirituelle. Klein met radicalement en œuvre cette monochromie bleue qu’il perçoit chez Giotto, notamment grâce à la texture si particulière de sa peinture qui fait l’objet d’une formule originale, validée en 1960 par l’Institut National de la Propriété industrielle : cette peinture est ce qu’il appelle l’IKB(International Klein Blue). Dès lors artiste de renommée mondiale, il participe à la fondation du Nouveau Réalisme avec notamment Restany et Arman, tout en poursuivant ses recherches personnelles.

Mais les monochromes bleus ne sont qu’un aspect de son travail qui se déploie à travers différentes techniques. A partir de 1960, Klein utilise l’or, le feu, et met en place des œuvres rassemblant une trilogie de couleurs bleue, or et rose. En 1961, il réalise un ex-voto en forme de triptyque qu’il dédie à Sainte Rita ; il organise la même année une exposition en Allemagne, à Krefeld, où il répartit les trois couleurs dans l’espace ; il les utilise pour les faire-part de son mariage avec Rotraut Uecker en janvier 1962 qu’il métamorphose ainsi en œuvre d’art. Il meurt d’une crise cardiaque en juin 1962. (Source :http://mediation.centrepompidou.fr)

Robert Filliou

Du mercredi 18 avril au mercredi 27 juin 2018.

Œuvre exposée I Optimistic Box n°1 (Thank God for modern weapons), 1968, bois, grès, papier. 11x11x11 cm (Edition Vice-Versand) 

Artiste français, Robert Filliou (1926-1987), en 1943, à l’âge de 17 ans, rejoint la Résistance communiste (FTP). Après la guerre, il part aux États-Unis ; il reste employé chez Coca-Cola pendant deux ans. C'est comme économiste qu'il travaille ensuite à Séoul (Corée) au service de l'Agence de reconstruction coréenne des Nations Unies, de 1952 à 1954. Abandonnant alors ses fonctions, il consacre son temps à voyager, séjournant en Égypte, en Espagne, au Danemark. En 1959, il rencontre Daniel Spoerri à Paris qui lui fait connaître l'avant-garde artistique, et l'année suivante Emmett Williams, avec qui il aura une collaboration artistique fructueuse. Il commence à écrire des pièces de théâtre, des premières œuvres dont l'Étude d'acheminement de poèmes en petite vitesse, qui propose l'envoi par la poste de poèmes-objets.
En juillet 1962, il présente dans les rues de Paris sa Galerie Légitime, contenant des œuvres de Ben Patterson dans une casquette. Après un séjour à New York en 1964, il tient avec George Brecht La Cédille qui sourit à Villefranche-sur-Mer, près de Nice, entre juillet 1965 et mars 1968 ; il s'agit pour lui de la première incarnation d'un « Centre international de création permanente ».
De l'Autrisme (« quoi que tu fasses, fais autre chose ») au Principe d'équivalence (entre le « Bien-fait », le «Mal-fait » et le « Pas-fait »), de la Création Permanente au Territoire de la République Géniale, l'art est pour lui l'instrument d'une utopie sociale, valorisant la création dans la vie quotidienne. En 1985, il se retire dans un monastère bouddhiste en Dordogne.

Entrée libre I Hall des EMA I Heures d’ouverture des EMA
Ecoles Municipales Artistiques I 71 rue Camille-Groult I 94400 Vitry-sur-Seine.


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