Mobile Home

Aux EMA, une petite vitrine mobile, le Mobile Home. Y sont exposées des petites œuvres d’artistes contemporains.
Pour l'année 2017-2018, Emmanuel Régent, a choisi trois artistes : successivement, Gérard Gasiorowski, Yves Klein et Robert Filliou.

Gérard Gasiorowski 

Du mercredi 4 octobre au vendredi 22 décembre 2017

Œuvre exposée I Cours par correspondance. Prétendant n°10 : Dam Graham. Peinture acrylique sur papier 22 x 16 cm.

« Après son « énorme suite » sur « La Guerre » (1973-1974) – guerre déclarée au
monde de l’art –, Gasiorowski choisit de disparaître symboliquement derrière
une anagramme : en 1976, il fonde l’« Académie Worosis Kiga » qui « cristallise
, chapeaute (si l’on peut dire) toutes les phases régressives élaborées à
partir de 1973 ». Il s’agit d’une école fictive dirigée par le non moins fictif
professeur Arne Hammer, un bureaucrate zélé qui impose à ses « élèves » de
peindre encore et toujours le même motif : un chapeau. (…) Allusion au couvre-chef de Beuys ou jeu de mots saluant la peinture d’un « coup de chapeau », le chapeau – un feutre mou – est ainsi peint sous toutes ses coutures par les illustres élèves censés suivre les cours à l’AWK, parmi lesquels Joseph Beuys, John Cage, Robert Filliou [exposé au Mobile Home, durant le 3ème trimestre] ou encore Cy Twombly. (…). De même format, chaque cadre regroupe trois chapeaux sur fond coloré, un quatrième sur fond clair et une feuille vierge où des tampons indiquent la date fictive de création – ici, août 1980 –, qui clôt le dispositif linéaire et répétitif cristallisant le mécanisme de la reproduction de l’œuvre d’art. Fable sur la mise en boîte du monde de l’art, l’œuvre unique de l’AWK se lit comme un concentré de tous les styles et partis pris, comme une machinerie picturale qui s’emballe ». Chantal Béret 

Yves Klein

Du mercredi 10 janvier au mardi 17 avril 2018.

Œuvre exposée I Timbre monochrome bleu sur enveloppe + carton d’invitation de l’exposition « la spécialisation de la sensibilité à l’état première en sensibilité picturale stabilisée » (Le Vide), Galerie Iris Clert, Paris, 1958.

Yves Klein, (1928-1932) est un artiste français qui, malgré une carrière artistique assez courte (1954-1962) est considéré comme l'un des plus importants protagonistes de l'avant-garde picturale de l'après-guerre. Il est notamment connu pour son bleu (IKB pour International Klein Blue), qu'il a appliqué sur de nombreuses œuvres. Il recherche toute sa vie un travail pictural d'ordre spirituel, ce qui l'amena à intervenir dans l'espace public. Selon lui la peinture est « comme la fenêtre d'une prison, où les lignes, les contours, les formes et la composition sont déterminés par les barreaux ». Ses tableaux monochromes l'ont libéré de ces contraintes.
En 1958, la Galerie Iris Clert située au 3, rue des Beaux-Arts à Paris, accueille son exposition qui remet en question le statut de l’objet d’art, de l’exposition et du marché de l’art. Le visiteur découvre, après avoir poussé un épais rideau bleu, une salle d’exposition entièrement vide. Les œuvres semblent avoir disparu de l’espace de la galerie. Perdus dans cet espace nu, les visiteurs se demandent où réside l’œuvre d’art ici, qu’est ce qui fait art ? Les murs de la galerie ? L’espace vide? La galerie toute entière? Mais l’œuvre ne réside-t-elle pas dans l’absence d’œuvre ou encore dans l’expérience du spectateur face à un espace vide ?

Robert Filliou

Du mercredi 18 avril au mercredi 27 juin 2018.

Œuvre exposée I Optimistic Box n°1 (Thank God for modern weapons), 1968, bois, grès, papier. 11x11x11 cm (Edition Vice-Versand) 

Artiste français, Robert Filliou (1926-1987), en 1943, à l’âge de 17 ans, rejoint la Résistance communiste (FTP). Après la guerre, il part aux États-Unis ; il reste employé chez Coca-Cola pendant deux ans. C'est comme économiste qu'il travaille ensuite à Séoul (Corée) au service de l'Agence de reconstruction coréenne des Nations Unies, de 1952 à 1954. Abandonnant alors ses fonctions, il consacre son temps à voyager, séjournant en Égypte, en Espagne, au Danemark. En 1959, il rencontre Daniel Spoerri à Paris qui lui fait connaître l'avant-garde artistique, et l'année suivante Emmett Williams, avec qui il aura une collaboration artistique fructueuse. Il commence à écrire des pièces de théâtre, des premières œuvres dont l'Étude d'acheminement de poèmes en petite vitesse, qui propose l'envoi par la poste de poèmes-objets.
En juillet 1962, il présente dans les rues de Paris sa Galerie Légitime, contenant des œuvres de Ben Patterson dans une casquette. Après un séjour à New York en 1964, il tient avec George Brecht La Cédille qui sourit à Villefranche-sur-Mer, près de Nice, entre juillet 1965 et mars 1968 ; il s'agit pour lui de la première incarnation d'un « Centre international de création permanente ».
De l'Autrisme (« quoi que tu fasses, fais autre chose ») au Principe d'équivalence (entre le « Bien-fait », le «Mal-fait » et le « Pas-fait »), de la Création Permanente au Territoire de la République Géniale, l'art est pour lui l'instrument d'une utopie sociale, valorisant la création dans la vie quotidienne. En 1985, il se retire dans un monastère bouddhiste en Dordogne.

Entrée libre I Hall des EMA I Heures d’ouverture des EMA
Ecoles Municipales Artistiques I 71 rue Camille-Groult I 94400 Vitry-sur-Seine.


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